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 « En général, un grand club est jugé par son palmarès, son histoire, et ses hommes. ». Je suis tombée par hasard sur cette phrase en fouinant dans l´un des anciens numéros de Boudir. Ce qui a surtout retenu mon attention, c´ est le terme hommes. Et les femmes alors ? Quid des femmes ? N´y voyez surtout pas un élan de féminisme à la texture fadasse et clichée de ma part, loin de moi cette idée ! Mais ne doit-on pas rendre à César ce qui appartient de droit à ce pauvre César ? Je m´arroge donc d´emblée le tact d´opérer un petit changement sur cette citation : « En général, un grand club est jugé par son palmarès, son histoire, et ses Hommes. ». Mon collègue me pardonnera la manipulation de sa création mais le souci d’équité l´a exigée.
« Bravo Les Filles ! » C´est certainement la phrase que j´aurais aimé entendre retentir dans nos salles ces dernières années, au vu du palmarès de nos sportives CSSistes. En effet, nos basketteuses, à elles seules ont remporté, retenez bien les chiffres car il s´agit d´un palmarès et pas des moindres: 11 championnats, dont 7 consécutifs, 5 coupes et 2 championnats arabes des clubs ! Je demande une « standing ovation », mais il faut bien avouer que ces dames et que ces demoiselles n´ont démérité ni notre soutien ni nos encouragements. La section sportive féminine au CSS semble donc mieux lotie que son homologue masculine, du moins en ce qui concerne les titres. Tout ceci repose sur les efforts de tout un staff technique et de toute une panoplie de joueuses qui ont longtemps damé le pion aux autres équipes du championnat: Fatma Barkallah, Fatma Zagrouba, Faiza Soudeni, Hédia Gheriani, Mouna Khriji, Henda Chebli, Salma Mnasriya, etc. Des noms phares qui ont également constitué l´ossature de l´équipe nationale tunisienne. Je me suis intéressée de près au parcours des unes et des autres, aussi bien au sein du CSS qu´ailleurs. D´autres interrogations se sont nécessairement imposées à mon esprit, telles que la dualité entre la vie de femme et la vie de basketteuse, la discrimination de la section féminine par rapport à la section masculine, les conditions d´entraînement, la polémique sur l´entraîneur de l équipe lors de la dernière coupe arabe, qui a d’ailleurs fait couler beaucoup d´encre, etc. Que des points d´interrogations auxquelles seules les filles sauront me répondre. Selon les disponibilités des unes et des autres, le choix fût fait, et un premier brin de causette fût entamé avec Fatma Zagrouba. Cette dernière visait au tout début une carrière de gymnaste, qui a dévié suite à un conseil d´une cousine, vers le Basket-ball. Elle avait commencé les entraînements en tant que cadette avec Mme Barkia. Deux ans après, elle fût convoquée en équipe nationale et a tout de suite intégré l’effectif senior à un âge précoce. Quant aux plus forts moments émotionnels qu´elle a vécus au sein du CSS, elle évoque non seulement les finales et les titres mais aussi la fierté de jouer pour le meilleur club en Tunisie en l´occurrence le CSS et le fait de représenter son pays sur le plan international. Ceci étant dit, le point d´inflexion dans sa carrière est certainement « la finale de la coupe arabe au Maroc », qui fut un vrai cauchemar corrobore-t-elle. La vie sportive ne se limitant pas aux seules émotions, je voulais savoir ce qu´il en était question gratification. Et à Fatma de rétorquer: « Nous ne sommes pas payées dans les délais prévus, toujours avec un retard qui dépasse même les mois. Il y a des promesses que tout cela soit réglé. Les dirigeants font de leur mieux et on leur fait confiance mais parfois c’est difficile de trop attendre, d’où notre mécontentement. » À noter que les basketteuses et le staff technique menacent respectivement de ne plus s´entraîner et d´ entraîner si leurs mensualités ne sont pas versées d´ici le 15 Décembre. Une situation certes, fort pesante pour le bureau directeur du CSS qui se retrouve encore une fois dos au mur dès qu´ il s´ agit d affaires financières. Une promesse de payer une partie des 17 mensualités en retard avant l´ Aid, semble néanmoins envisageable. Le BD a également envoyé le préparateur physique de l´équipe masculine de football, Hubert Richard, sur les lieux afin de rattraper le retard accumulé en début de saison suite à ce qui s´est passé.
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