Boudir : Suivez-vous le parcours du CSS ?
Bien sûr. Je suis noir et blanc pour toujours.
Mais, depuis ma retraire footballistique je n'ai pas mis les pieds dans un stade
de foot.
Boudir : Que pensez-vous de la prestation du CSS
cette saison?
Saison exceptionnelle même si elle pouvait être
meilleure car le CSS pouvait remporter le championnat six ou sept journées avant la
fin de la saison car aucune équipe n'a le potentiel du CSS. Mais
malheureusement on a eu des périodes vides pendant la saison dues à des
problèmes psychologiques.
Boudir : Pouvez vous nous donner votre avis sur
l'affaire Maher Ameur ?
En toute objectivité je comprends que l'étoile veuille
user de tous les moyens réglementaires pour être championne car elle le
mérite d'une certaine manière, même si tout le monde sait que le CSS est de
loin la meilleure équipe cette année en Tunisie. Mais je respecte le droit de
l'étoile à faire appel à tous les moyens légaux pour faire rejouer le match,
et si elle avait réussi je lui aurais dit Bravo.
Boudir : Que pensez vous de la position de la FTF,
FIFA, comité des sages, dans cette affaire ?
Cette affaire est une affaire interne à notre pays, et
en Tunisie, le comité des sages est la plus haute institution, même si la FIFA
ne la reconnaît pas.
Se basant sur cette loi, l'argumentation de l'étoile pourrait être
compréhensible, car aucune autorité internationale n'a le droit de revenir sur une décision de ce comité, même la FIFA ne peut donner qu'un avis consultatif.
Tout en respectant le droit de réserve de l'étoile, tout le monde même les
étoilistes devront admettre que le CSS est l'équipe la plus forte cette
année. D'ailleurs le CSS n'a pas eu une équipe aussi solide et bien organisée
depuis plusieurs années. Même en 1995, l'année du dernier doublé, l'équipe
n'était pas aussi forte que cette année. Techniquement, le CSS mérite
amplement son titre ; tout sportif devrait reconnaître que cette équipe est
celle qui mérite le plus le titre. Même si l'étoile avait eu gain de cause et
ainsi remporté le championnat, nous nous serions tous sentis champions et nous aurions
été fiers d'avoir la plus forte équipe Tunisienne, Arabe et même Africaine
même si d'un point de vue administratif dans 50 ans les gens ne se souviendront
que de l'étoile Championne en 2005.
Boudir : Pourriez-vous comparer les joueurs actuels
du CSS avec ceux de votre génération ?
Les joueurs actuels du CSS sont plus doués et plus
techniques. C'est l'une des plus talentueuses générations qu'a connu le CSS,
c'est un cru exceptionnel.
La réussite de ma génération était due à 60% d'envie de gagner et
ténacité et à 40% de techniques de jeu. Actuellement c'est l'inverse ;
c'est-à-dire 60% ou même plus de technique et 40% de " glayeb ".
Boudir : Est-ce qu'on peut dire que Zoubeir Essefi
est " wachwecha " version 2005?
(Sourire) oui c'est vrai, Zoubeir a été décisif cette
saison et a marqué des buts très importants pour l'octroi du championnat.
Cette réussite confirme ce que je pense de lui : il a une très bonne technique
et surtout il est solide et bien campé sur ses jambes.
Boudir : Au vu de la situation actuelle du CSS,
est-ce que vous avez eu des remords après votre retraite?
Bien sûr, chaque joueur a envie de vivre de telles
expériences dans de bonnes conditions et dans une telle ambiance mais toute
chose a une fin et il faut l'accepter.
J'espère que la génération actuelle des joueurs du CSS va continuer à vivre
ces moments de gloire ainsi que les générations futures qui comptera, je le
souhaite, mon fils.
Boudir : Depuis votre retraite quel match vous auriez
souhaité jouer ?
J'aurais souhaité participer à tous les matchs et
particulièrement la finale de la coupe 2004 contre l'EST.
Quand je jouait au CSS on battait rarement et
exceptionnellement l'Espérance : deux fois l'année du doublé.
Boudir : Quels conseils donneriez-vous à partir de
votre expérience aux dirigeants du CSS ?
Je leur suggérerai d'instaurer un encadrement
psychologique des joueurs pour éviter les mauvaises surprises et faux pas,
rappelons-nous de ce qui s'est passé cette année en coupe contre Béja.
Le CSS a besoin de bien préparer tous les matchs sur
tous les plans et la psychologie du joueur est un élément très important pour
la performance de l'équipe. Il faut s'occuper des joueurs individuellement pour
vérifier leurs états d'esprit d'avant match et garantir un concentration
exclusive sur son activité footballistique. Le joueur ne doit pas se sentir
seul.
Un exemple simple : un joueur qui a comme ambition
d'évoluer en Europe doit être accompagné et encadré pour garantir la
réussite de son projet et éviter qu'il soit déconcentré pour assurer un
rendement optimal.
Boudir : Naceur Bédoui a réussi une bonne conversion
en dirigeant : qu'en penses-vous ?
Ce n'est pas surprenant de la part de cet Homme de
grandes qualités. Son expérience lui permet d'intégrer facilement la
mentalité des joueurs et facilite le management et la communication avec eux.
La présence de Naceur Bédoui dans l'équipe permet de
couvrir une partie de l'aspect psychologique de l'encadrement du joueur, sa
présence dans l'équipe est d'une grande utilité.
Le fait qu'il ne soit pas originaire de la ville Sfax, le pousse à fournir des
efforts énormes pour la réussite de l'équipe et prouver son attachement au
CSS.
Nacer ne doit pas tenir compte de certaines critiques
infondées et motivées par une pure jalousie envers sa réussite. Son
expérience de joueur et ses qualités morales et relationnelles le qualifient
amplement pour réussir au CSS. Je trouve que c'est un exemple de réussite qui
motive les joueurs qui évoluent au CSS.
Boudir : Que pensez-vous de M. Zahaf ?
Je n'ai pas travaillé avec lui, quand j'ai quitté le
CSS, il venait à peine d'intégrer le comité. Mais j'ai l'impression qu'il a
un caractère très fort et un potentiel qui lui permettent de travailler avec
tous les antagonistes. Je trouve qu'il a une forte personnalité nécessaire
pour mettre de l'ordre dans l'équipe. Son métier d'expert comptable lui permet
d'assainir la situation financière du club et le doter de structures stables.
Football tunisien et arbitrage
Boudir : Que pensez-vous de l'arbitrage en Tunisie ?
De façon générale, et malgré les problèmes qui
persistent, je pense que l'arbitrage tunisien a beaucoup progressé.
Je propose l'introduction de la vidéo pour aider à la prise de décision.
Ainsi, certaines sanctions envers des joueurs irrespectueux de l'éthique
sportive (coup de poing, crachat …) peuvent être prises après le match.
Sévir reste le meilleur remède pour éradiquer ce type de comportement.
Boudir : Le corps arbitral et le CSS?
Je pense que contrairement aux autres grandes équipes,
le CSS n'est pas avantagé par les décisions des arbitres.
Ces derniers savent que les dirigeants du CSS ont du respect pour le corps
arbitral et ses décisions (parfois très contestables). Et face à une erreur
d'arbitrage la réaction des dirigeants du CSS reste modérée et pas très
virulente, ce qui n'est pas le cas des autres grandes équipes de notre
championnat.
Boudir : Après votre retraite, et avec un peu de
recul, qu'aimez-vous et que détestez-vous dans le football tunisien ?
Actuellement, ce qui me plait dans le football tunisien
c'est le professionnalisme car il est bénéfique au joueur et au foot tunisien
de façon générale.
Ce que je déteste c'est la mentalité. Malgré que nous soyons dans l'ère du
professionnalisme, dont l'un des objectifs est de changer les mentalités, on
remarque que cet objectif n'est pas atteint.
La première chose qu'on peut remarquer, c'est que les joueurs sont très mal
encadrés. Même envers lui-même, le joueur ne sait pas se comporter : il n'a
pas une hygiène de vie qui le mette dans les meilleures dispositions sur le
terrain.
D'ailleurs le CSS a failli perdre le championnat à cause de cet encadrement des
joueurs. Car pour moi les passages à vide du CSS sont dus essentiellement à un
mauvais suivi psychologique. Le meilleur exemple est le match de quart de finale
de coupe contre Béja. Il'est inconcevable qu'un grand club comme le CSS n'arrive
pas à battre l'équipe de Béja.
Il faut savoir communiquer avec les joueurs et leur expliquer leurs devoirs de
professionnels. Pour certains joueurs, le fait de jouer au CSS, de devenir un
joueur titulaire et connu est une fin en soi. Le joueur dès qu'il atteint cet
objectif ne fait plus d'effort et n'essaie plus de progresser et de continuer à
gravir les marches. Un joueur doit être toujours présent aux entraînements :
présence physique et mentale, être sérieux sur le terrain et en dehors.
Il faut que les joueurs aient pour objectif d'atteindre un jour le niveau requis
pour intégrer les équipes européennes et les moyens que met en place le CSS
ne peuvent que les aider à y arriver. Hatem a bien réussi à l'Ajax, l'un des
plus grands clubs européens.
Aussi, grâce au professionnalisme les joueurs n'ont plus de souci à se faire
grâce aux contrats qui les lient à leurs clubs, ils ont des droits et des
salaires alors qu'à notre époque il n'y avait que les primes de victoires et
l'aide sociale que seuls les titulaires indiscutables et ceux qui avaient la
sympathie du bureau touchaient (" 9offa et 9oueda ").
Boudir : Vous avez évoqué le mauvais encadrement
des joueurs, à votre avis c'est la faute du joueur ou du dirigeant ?
CT : La faute est à 80% due aux dirigeants. J'ai déjà
proposé aux dirigeants de mettre deux psychologues à la disposition de
l'équipe à l'époque de Souayah.
Après un ou deux ans dans l'équipe senior, à l'age de vingt ans, Souayah, qui
était issu d'un milieu modeste, a vu sa vie basculer : il est devenu connu et
sa situation financière est devenue confortable. Donc c'est normal que son
comportement change. On aurait pu éviter cette dérive si on lui avait proposé
un bon encadrement, on aurait pu faire en sorte qu'il garde le même
comportement sur le terrain.
Il fallait continuer à le motiver pour le faire évoluer petit à petit sur
l'échelle nationale, arabe, africaine et même mondiale. Il fallait lui faire
comprendre que le niveau qu'il avait atteint était négligeable par rapport à
son potentiel.
S'il était ambitieux et qu'il ait travaillé sérieusement, il aurait pu jouer
en Europe.
La présence de Souayah dans l'équipe est devenue très néfaste sur le reste
du groupe en créant des clans au sein de l'équipe. Souayah intervenait même
sur la composition de l'équipe. Tout cela a rendu l'atmosphère insoutenable.
Skander Souayah
Boudir : Donc son départ était bénéfique pour le
CSS?
CT : Oui le CSS a bénéficié de ce départ, mais aurait
pu bénéficier encore plus s'il y était resté avec une autre mentalité.
C'est un très grand joueur, s'il avait changé de mentalité il aurait mieux
réussi et le CSS aussi, mais avec la mentalité qu'il avait à l'époque, son
départ était la meilleure chose qui pouvait arriver au club. Ce fut aussi
très favorable aux autres joueurs car ils n'osaient pas se montrer par rapport
à Souayah qui voulait toujours être à la une et voulait que tous les ballons
passent par lui.
Quand un joueur prend ce rôle de patron dans l'équipe,
même sans le vouloir, il n'est plus évident de faire sortir de nouveaux
joueurs et d'avoir une équipe homogène. Il était donc difficile pour
l'équipe de bien jouer quand il s'absentait. Alors qu'aujourd'hui même si
Guemamdia, Boujelbène et Abdi sont absents en même temps on ne trouve aucun
mal à les remplacer et le stade est toujours plein.
Boudir : Est-ce que vous auriez accepté une offre de
l'espérance comme l'a fait Skander Souayah?
CT : Non jamais, car pour moi c'est la plus grosse erreur
qu'il ait faite dans sa carrière surtout avec la situation qu'il avait au CSS, on ne
peut pas espérer avoir une situation aussi confortable tant financièrement
qu'humainement qu'au CSS. Surtout qu'il est allé au club que les sfaxiens
apprécient le moins et il a eu la chance d'arriver à l'EST quand deux grands
joueurs du milieu sont partis, car sinon il n'y aurait jamais eu sa place et il
aurait pu être viré dès la première année. Il a réussi au début mais vous
voyez vous même le résultat maintenant, l'EST l'a renvoyé sans aucun
remerciement et sans aucun état d'âme. Il aurait pu sortir par la grande porte
s'il était resté au CSS mais voilà que maintenant il est parti comme un mal
propre. Il a fait une grosse erreur en allant à l'EST. Il a détruit tout ce
qu'il avait construit à sfax, même si aujourd'hui tous les sfaxiens
reconnaissent son talent de footballeur, d'un point de vue moral personne ne
l'apprécie. Souvenez vous de la rumeur de ce début d'année qui disait qu'il
allait revenir, tout le monde s'est soulevé contre cette arrivée car il n'a
pas laissé de bons souvenirs. Les gens lui ont beaucoup donné à Sfax et il ne
leur a rien rendu.
Boudir : Une comparaison entre Hamadi Agrebi et
Skander Souayah est elle possible ?
CT : Non, ce n'est pas possible. Pour moi comparer Hamadi
et Skander est un manque de respect à Hamadi Agrebi.
Souvenirs
CT : L'idée de me retirer du football m'est venue au
moment de ma retraite à cause de la mauvaise ambiance qui régnait dans le club
durant cette période.
En plus à cette période, il n'y avait pas de professionnalisme, on était
considéré comme des amateurs et les joueurs étaient payés à l'aide de
traitements de faveurs ou par des services. Ce type de fonctionnement et la
disparité flagrante dans le traitement entre les joueurs m'a beaucoup touché.
La présence de joueurs de renom qui imposaient leurs
idées et leurs décisions à toute l'équipe mais sans grand apport sur le
terrain, m'a poussé à me retirer.
C'est aussi à cause de certains responsables qui ont eu leurs postes juste
parce qu'ils avaient de l'argent et non pas par mérite. Ils n'avaient que
l'argent et pourtant ils prenaient les décisions les plus importantes dans la
gestion du club.
Il y a avait aussi des clans qui voulaient me pousser
dehors et j'ai failli me retirer en cours de la saison. J'étais revenu sur ma
décision car Mr Abdelaziz Ben Abdallah et le maire de Sfax ont refusé
catégoriquement ma décision et m'ont demandé de rester au moins sur le banc
pour encadrer les jeunes joueurs. J'étais obligé de rester et de remettre la
question pour plus tard.
Finalement, j'ai préféré sortir par la grande porte,
après avoir remporté haut et fort le doublé, alors que je n'avais que 30 ans
et que je pouvais encore jouer et donner un plus au CSS.
Boudir : lors de la saison 1995-1996, des rumeurs ont
circulé sur ton éventuel retour au CSS ?
CT : Après la nomination de Jamel Arem comme président,
ce dernier m'a contacté et m'a demandé de revenir dans l'équipe car pour lui
et surtout pour Paulo Rubim j'étais très important dans le dispositif sfaxien.
J'ai accepté pour le bien de mon club et décidé de revenir, mais après la
publication de la liste des joueurs convoqués, mon nom n'y était pas. Il s'est
avéré, après avoir contacté Jamel Arem, que Souayah était responsable de
cette décision. Le même cas s'est produit avec Sami Chaabane qui a été exclu
de l'équipe par Souayah.
J'ai rien contre Souayah, et je trouve ce genre de comportement compréhensible
car il était mal encadré.
Par contre je suis sur qu'aucun joueur ne pourra faire ce genre de chose avec Mr
Zahaf car il est très strict, il a un fort caractère et il connaît très bien
le milieu du football et sait que ce genre de comportement va plutôt nuire à
l'équipe.
Boudir : Vos activités actuelles?
CT : Je suis anesthésiste et j'entraîne l'équipe de
sport et travail.
Boudir : Pourquoi n'avez-vous pas pensé à entamer
une carrière d'entraîneur?
CT : Je suis par nature très sensible et très timide.
Je pense que je n'ai pas les qualités pour être entraîneur. Actuellement je
suis entraîneur dans le championnat de sport et travail et j'hésite souvent à
sortir un joueur ou à laisser un autre sur le banc ; je préfère le faire
rentrer même s'il ne sert pas spécialement l'équipe. Même chez les jeunes il
y a la pression des parents qui est très lourde. Je pense que je pourrais un
jour encadrer mais pas tout de suite.
Boudir : La relation entre Chokri Trabelsi et le BD
du CSS ?
CT : Aucune. On dirait que je n'ai jamais joué au CSS.
D'ailleurs, lors du match de coupe d'Afrique joué au Caire contre Zamalek, ils
ont invité plusieurs anciens joueurs et amis par complaisance, mais pas moi
malgré ma participation dans le gain du championnat qui nous avait permis de
participer à cette compétition. Après ma retraite le CSS me devait une
certaine somme d'argent et j'ai galéré pour l'avoir. Je ne l'ai eu qu'avec le
troisième comité et je n'ai pas eu la totalité de la somme. Je garde une
mauvaise image des dirigeants du CSS qui ne faisaient que s'autodétruire. Je ne
doute pas de leur amour au club mais souvent ils pensent plus à leur prestige
que celui du club.
Boudir : Votre relation avec Mr Paulo Rubim ?
CT : Il me respectait beaucoup et croyait beaucoup en moi
sur le terrain et en dehors. Il a eu du mal à m'imposer dans l'équipe car il y
avait des gens du bureau du CSS qui étaient contre ma présence dans l'équipe.
Boudir : Etes-vous en contact avec les joueurs de
votre génération ?
CT : Non aucun contact.Mais, quand on se croise, par
hasard, on se dit bonjour et " nifrhou bibaathna ". Mais le reste des
joueurs de l'époque sont restés en contact car ils font partie de l'équipe
des anciens joueurs, qui est en réalité l'équipe de Abdelaziz Ben Abdallah et
non pas celle des anciens joueurs. Car Abdelaziz Ben Abdallah a les moyens de
rassembler les joueurs, leurs acheter des maillots leur faire faire des
déplacements.
Boudir : A votre avis, quels sont les points forts et
les points faibles de A. Ben Abdallah ?
CT : Points forts : il y'en a certainement puisqu' il a
réussi. Je peux dire qu 'avec son apport financier il en courage et motive les
joueurs, chose importante pour la réussite de l'équipe.
Points faibles : M Ben Abdallah n'est pas équitable envers tous les joueurs, il
avait ses préférés qui étaient privilégiés lors de l'attribution des
" primes sociales ". Il ne faut pas oublier qu'à cette époque les
joueurs n'avaient pas de contrats et cette " prime sociale "
permettait de les rémunérer. Cette disparité de traitement divisait l'équipe
et créait des " clans " au sein du groupe.
Boudir : vous avez marqué beaucoup de buts décisifs
avec le CSS notamment lors de la saison 1994-1995. Pour vous quel était le but
le plus important ?
CT : Celui marqué contre l'équipe de Korba : Si on
avait perdu ce jour là, on n'aurait remporté ni la coupe ni le championnat. En
effet perdre contre une équipe de troisième division aurait entraîné le
groupe dans une crise qui lui aurait fait perdre toute chance pour remporter le
championnat qui était à au moins 8 journées de la fin.
Boudir : Et le plus beau but ?
CT : Le but marqué contre Kerkennah, lors de la saison
1994-1995, suite à une tête plongeante.
Boudir : Durant votre carrière footballistique, quel
était votre meilleur souvenir ?
CT : Le doublé de 94-95
Boudir : Et le pire ?
CT : Ma relation avec le comité après ma retraite :
aucun signe de reconnaissance. C'est comme si je n'avais pas contribué à
l'obtention du doublé du CSS et à l'enrichissement du palmarès et de
l'histoire du club.
Malgré mon apport, je n'ai eu aucun signe de
reconnaissance ni à l'époque du doublé (j'ai fait beaucoup d'efforts pour
récupérer la somme d'argent que me devait le CSS) ni même après. Ceci est
peut être dû à ma franchise et mon franc parler pour défendre les intérêts
des joueurs ; j'avais souvent la prime sociale la plus faible.
Boudir : Qui vous as surnommé " Wachwecha
" ?
CT : Je ne sais pas … . Je peux simplement essayer
d'explique le choix de ce surnom : cet insecte en dépit de sa petit taille
réussi à gêner, causer des dégâts et se sauver et on peut faire facilement
le rapprochement avec ma prestation sur le terrain. En effet je suis un joueur
de petite taille et j'ai réussi à marquer des buts importants (comme le fait
Zoubeïr Essafi actuellement). En plus, les défenseurs sont souvent de grande
taille je me faufile entre eux et je récupère toutes les balles mortes pour
les convertir en buts, mêmes si j'en ai raté beaucoup.
Boudir : La relation entre Chokri Trabelsi et les
supporters du CSS ?
CT : Elle est excellente. Le public du CSS est toujours
reconnaissant. Et les années passées au CSS m'ont permis d'avoir des relations
amicales, l'estime et le respect de tous les supporters du CSS que ce soit à
Sfax, à Tunis ou même à l'étranger.
Pour moi, c'est la meilleure et la seule chose que j'ai gagnée de mes années
passées au CSS.
