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Interview Chokri Trabelsi

 

En tant que porte parole des supporters du CSS, Boudir n’oublie pas nos gloires d’antan. Chokri Trabelsi, le capitaine emblématique de l’équipe ayant remporté le doublé en 1995 nous a fait le plaisir de répondre aux questions des forumiens de CSSfaxien.com.

Chokri revient sur les coulisses de la saison 1995, de sa retraite mouvementée et nous donne enfin un avis extérieur sur la fin de saison 2004-2005.
Nous remercions « Whechwecha » pour sa disponibilité et sa franchise.

Saison 2004/2005

  • Le CSS n'a pas eu une équipe aussi solide et bien organisée depuis plusieurs années. 

  • Je suggérerai aux dirigeants du CSS d'instaurer un encadrement psychologique des joueurs.

Boudir : Suivez-vous le parcours du CSS ?

Bien sûr. Je suis noir et blanc pour toujours.
Mais, depuis ma retraire footballistique je n'ai pas mis les pieds dans un stade de foot.

Boudir : Que pensez-vous de la prestation du CSS cette saison?

Saison exceptionnelle même si elle pouvait être meilleure car le CSS pouvait remporter le championnat six ou sept journées avant la fin de la saison car aucune équipe n'a le potentiel du CSS. Mais malheureusement on a eu des périodes vides pendant la saison dues à des problèmes psychologiques.

Boudir : Pouvez vous nous donner votre avis sur l'affaire Maher Ameur ?

En toute objectivité je comprends que l'étoile veuille user de tous les moyens réglementaires pour être championne car elle le mérite d'une certaine manière, même si tout le monde sait que le CSS est de loin la meilleure équipe cette année en Tunisie. Mais je respecte le droit de l'étoile à faire appel à tous les moyens légaux pour faire rejouer le match, et si elle avait réussi je lui aurais dit Bravo.

Boudir : Que pensez vous de la position de la FTF, FIFA, comité des sages, dans cette affaire ?

Cette affaire est une affaire interne à notre pays, et en Tunisie, le comité des sages est la plus haute institution, même si la FIFA ne la reconnaît pas.
Se basant sur cette loi, l'argumentation de l'étoile pourrait être compréhensible, car aucune autorité internationale n'a le droit de revenir sur une décision de ce comité, même la FIFA ne peut donner qu'un avis consultatif. Tout en respectant le droit de réserve de l'étoile, tout le monde même les étoilistes devront admettre que le CSS est l'équipe la plus forte cette année. D'ailleurs le CSS n'a pas eu une équipe aussi solide et bien organisée depuis plusieurs années. Même en 1995, l'année du dernier doublé, l'équipe n'était pas aussi forte que cette année. Techniquement, le CSS mérite amplement son titre ; tout sportif devrait reconnaître que cette équipe est celle qui mérite le plus le titre. Même si l'étoile avait eu gain de cause et ainsi remporté le championnat, nous nous serions tous sentis champions et nous aurions été fiers d'avoir la plus forte équipe Tunisienne, Arabe et même Africaine même si d'un point de vue administratif dans 50 ans les gens ne se souviendront que de l'étoile Championne en 2005.

Boudir : Pourriez-vous comparer les joueurs actuels du CSS avec ceux de votre génération ?

Les joueurs actuels du CSS sont plus doués et plus techniques. C'est l'une des plus talentueuses générations qu'a connu le CSS, c'est un cru exceptionnel.
La réussite de ma génération était due à 60% d'envie de gagner et ténacité et à 40% de techniques de jeu. Actuellement c'est l'inverse ; c'est-à-dire 60% ou même plus de technique et 40% de " glayeb ".

Boudir : Est-ce qu'on peut dire que Zoubeir Essefi est " wachwecha " version 2005?

(Sourire) oui c'est vrai, Zoubeir a été décisif cette saison et a marqué des buts très importants pour l'octroi du championnat. Cette réussite confirme ce que je pense de lui : il a une très bonne technique et surtout il est solide et bien campé sur ses jambes.

Boudir : Au vu de la situation actuelle du CSS, est-ce que vous avez eu des remords après votre retraite?

Bien sûr, chaque joueur a envie de vivre de telles expériences dans de bonnes conditions et dans une telle ambiance mais toute chose a une fin et il faut l'accepter.
J'espère que la génération actuelle des joueurs du CSS va continuer à vivre ces moments de gloire ainsi que les générations futures qui comptera, je le souhaite, mon fils.

Boudir : Depuis votre retraite quel match vous auriez souhaité jouer ?

J'aurais souhaité participer à tous les matchs et particulièrement la finale de la coupe 2004 contre l'EST.

Quand je jouait au CSS on battait rarement et exceptionnellement l'Espérance : deux fois l'année du doublé.

Boudir : Quels conseils donneriez-vous à partir de votre expérience aux dirigeants du CSS ?

Je leur suggérerai d'instaurer un encadrement psychologique des joueurs pour éviter les mauvaises surprises et faux pas, rappelons-nous de ce qui s'est passé cette année en coupe contre Béja.

Le CSS a besoin de bien préparer tous les matchs sur tous les plans et la psychologie du joueur est un élément très important pour la performance de l'équipe. Il faut s'occuper des joueurs individuellement pour vérifier leurs états d'esprit d'avant match et garantir un concentration exclusive sur son activité footballistique. Le joueur ne doit pas se sentir seul.

Un exemple simple : un joueur qui a comme ambition d'évoluer en Europe doit être accompagné et encadré pour garantir la réussite de son projet et éviter qu'il soit déconcentré pour assurer un rendement optimal.

Boudir : Naceur Bédoui a réussi une bonne conversion en dirigeant : qu'en penses-vous ?

Ce n'est pas surprenant de la part de cet Homme de grandes qualités. Son expérience lui permet d'intégrer facilement la mentalité des joueurs et facilite le management et la communication avec eux.

La présence de Naceur Bédoui dans l'équipe permet de couvrir une partie de l'aspect psychologique de l'encadrement du joueur, sa présence dans l'équipe est d'une grande utilité.
Le fait qu'il ne soit pas originaire de la ville Sfax, le pousse à fournir des efforts énormes pour la réussite de l'équipe et prouver son attachement au CSS.

Nacer ne doit pas tenir compte de certaines critiques infondées et motivées par une pure jalousie envers sa réussite. Son expérience de joueur et ses qualités morales et relationnelles le qualifient amplement pour réussir au CSS. Je trouve que c'est un exemple de réussite qui motive les joueurs qui évoluent au CSS.

Boudir : Que pensez-vous de M. Zahaf ?

Je n'ai pas travaillé avec lui, quand j'ai quitté le CSS, il venait à peine d'intégrer  le comité. Mais j'ai l'impression qu'il a un  caractère très fort et un potentiel qui lui permettent de travailler avec tous les antagonistes. Je trouve qu'il a une forte personnalité nécessaire pour mettre de l'ordre dans l'équipe. Son métier d'expert comptable lui permet d'assainir la situation financière du club et le doter de structures stables.

Football tunisien et arbitrage

  • Le CSS n'est pas avantagé par les décisions des arbitres. 

  • les passages à vide du CSS sont dus essentiellement à un mauvais suivi psychologique. 

  • Le professionnalisme est bénéfique au joueur et au foot tunisien de façon générale.

Boudir : Que pensez-vous de l'arbitrage en Tunisie ?

De façon générale, et malgré les problèmes qui persistent, je pense que l'arbitrage tunisien a beaucoup progressé.
Je propose l'introduction de la vidéo pour aider à la prise de décision.
Ainsi, certaines sanctions envers des joueurs irrespectueux de l'éthique sportive (coup de poing, crachat …) peuvent être prises après le match. Sévir reste le meilleur remède pour éradiquer ce type de comportement.

Boudir : Le corps arbitral et le CSS?

Je pense que contrairement aux autres grandes équipes, le CSS n'est pas avantagé par les décisions des arbitres.
Ces derniers savent que les dirigeants du CSS ont du respect pour le corps arbitral et ses décisions (parfois très contestables). Et face à une erreur d'arbitrage la réaction des dirigeants du CSS reste modérée et pas très virulente, ce qui n'est pas le cas des autres grandes équipes de notre championnat.

Boudir : Après votre retraite, et avec un peu de recul, qu'aimez-vous et que détestez-vous dans le football tunisien ?

Actuellement, ce qui me plait dans le football tunisien c'est le professionnalisme car il est bénéfique au joueur et au foot tunisien de façon générale.
Ce que je déteste c'est la mentalité. Malgré que nous soyons dans l'ère du professionnalisme, dont l'un des objectifs est de changer les mentalités, on remarque que cet objectif n'est pas atteint.
La première chose qu'on peut remarquer, c'est que les joueurs sont très mal encadrés. Même envers lui-même, le joueur ne sait pas se comporter : il n'a pas une hygiène de vie qui le mette dans les meilleures dispositions sur le terrain.
D'ailleurs le CSS a failli perdre le championnat à cause de cet encadrement des joueurs. Car pour moi les passages à vide du CSS sont dus essentiellement à un mauvais suivi psychologique. Le meilleur exemple est le match de quart de finale de coupe contre Béja. Il'est inconcevable qu'un grand club comme le CSS n'arrive pas à battre l'équipe de Béja.
Il faut savoir communiquer avec les joueurs et leur expliquer leurs devoirs de professionnels. Pour certains joueurs, le fait de jouer au CSS, de devenir un joueur titulaire et connu est une fin en soi. Le joueur dès qu'il atteint cet objectif ne fait plus d'effort et n'essaie plus de progresser et de continuer à gravir les marches. Un joueur doit être toujours présent aux entraînements : présence physique et mentale, être sérieux sur le terrain et en dehors.
Il faut que les joueurs aient pour objectif d'atteindre un jour le niveau requis pour intégrer les équipes européennes et les moyens que met en place le CSS ne peuvent que les aider à y arriver. Hatem a bien réussi à l'Ajax, l'un des plus grands clubs européens.
Aussi, grâce au professionnalisme les joueurs n'ont plus de souci à se faire grâce aux contrats qui les lient à leurs clubs, ils ont des droits et des salaires alors qu'à notre époque il n'y avait que les primes de victoires et l'aide sociale que seuls les titulaires indiscutables et ceux qui avaient la sympathie du bureau touchaient (" 9offa et 9oueda ").

Boudir : Vous avez évoqué le mauvais encadrement des joueurs, à votre avis c'est la faute du joueur ou du dirigeant ?

CT : La faute est à 80% due aux dirigeants. J'ai déjà proposé aux dirigeants de mettre deux psychologues à la disposition de l'équipe à l'époque de Souayah.
Après un ou deux ans dans l'équipe senior, à l'age de vingt ans, Souayah, qui était issu d'un milieu modeste, a vu sa vie basculer : il est devenu connu et sa situation financière est devenue confortable. Donc c'est normal que son comportement change. On aurait pu éviter cette dérive si on lui avait proposé un bon encadrement, on aurait pu faire en sorte qu'il garde le même comportement sur le terrain.
Il fallait continuer à le motiver pour le faire évoluer petit à petit sur l'échelle nationale, arabe, africaine et même mondiale. Il fallait lui faire comprendre que le niveau qu'il avait atteint était négligeable par rapport à son potentiel.
S'il était ambitieux et qu'il ait travaillé sérieusement, il aurait pu jouer en Europe.
La présence de Souayah dans l'équipe est devenue très néfaste sur le reste du groupe en créant des clans au sein de l'équipe. Souayah intervenait même sur la composition de l'équipe. Tout cela a rendu l'atmosphère insoutenable.

Skander Souayah

  • Son départ était la meilleure chose qui pouvait arriver au club.

  • Comparer Hamadi et Skander est un manque de respect à Hamadi Agrebi. 

Boudir : Donc son départ était bénéfique pour le CSS?

CT : Oui le CSS a bénéficié de ce départ, mais aurait pu bénéficier encore plus s'il y était resté avec une autre mentalité. C'est un très grand joueur, s'il avait changé de mentalité il aurait mieux réussi et le CSS aussi, mais avec la mentalité qu'il avait à l'époque, son départ était la meilleure chose qui pouvait arriver au club. Ce fut aussi très favorable aux autres joueurs car ils n'osaient pas se montrer par rapport à Souayah qui voulait toujours être à la une et voulait que tous les ballons passent par lui.

Quand un joueur prend ce rôle de patron dans l'équipe, même sans le vouloir, il n'est plus évident de faire sortir de nouveaux joueurs et d'avoir une équipe homogène. Il était donc difficile pour l'équipe de bien jouer quand il s'absentait. Alors qu'aujourd'hui même si Guemamdia, Boujelbène et Abdi sont absents en même temps on ne trouve aucun mal à les remplacer et le stade est toujours plein.

Boudir : Est-ce que vous auriez accepté une offre de l'espérance comme l'a fait Skander Souayah?

CT : Non jamais, car pour moi c'est la plus grosse erreur qu'il ait faite dans sa carrière surtout avec la situation qu'il avait au CSS, on ne peut pas espérer avoir une situation aussi confortable tant financièrement qu'humainement qu'au CSS. Surtout qu'il est allé au club que les sfaxiens apprécient le moins et il a eu la chance d'arriver à l'EST quand deux grands joueurs du milieu sont partis, car sinon il n'y aurait jamais eu sa place et il aurait pu être viré dès la première année. Il a réussi au début mais vous voyez vous même le résultat maintenant, l'EST l'a renvoyé sans aucun remerciement et sans aucun état d'âme. Il aurait pu sortir par la grande porte s'il était resté au CSS mais voilà que maintenant il est parti comme un mal propre. Il a fait une grosse erreur en allant à l'EST. Il a détruit tout ce qu'il avait construit à sfax, même si aujourd'hui tous les sfaxiens reconnaissent son talent de footballeur, d'un point de vue moral personne ne l'apprécie. Souvenez vous de la rumeur de ce début d'année qui disait qu'il allait revenir, tout le monde s'est soulevé contre cette arrivée car il n'a pas laissé de bons souvenirs. Les gens lui ont beaucoup donné à Sfax et il ne leur a rien rendu.

Boudir : Une comparaison entre Hamadi Agrebi et Skander Souayah est elle possible ?

CT : Non, ce n'est pas possible. Pour moi comparer Hamadi et Skander est un manque de respect à Hamadi Agrebi.

Souvenirs

  • Il y a avait aussi des clans qui voulaient me pousser dehors et j'ai failli me retirer en cours de la saison. 

  • Ma relation avec le comité après ma retraite : aucun signe de reconnaissance. 

  • L’estime et le respect de tous les supporters est la meilleure et la seule chose que j’ai gagnée de mes années passées au CSS.

Boudir : Quand est ce que vous avez commencé à penser à la retraite? Et pourquoi ?

CT : L'idée de me retirer du football m'est venue au moment de ma retraite à cause de la mauvaise ambiance qui régnait dans le club durant cette période.
En plus à cette période, il n'y avait pas de professionnalisme, on était considéré comme des amateurs et les joueurs étaient payés à l'aide de traitements de faveurs ou par des services. Ce type de fonctionnement et la disparité flagrante dans le traitement entre les joueurs m'a beaucoup touché.

La présence de joueurs de renom qui imposaient leurs idées et leurs décisions à toute l'équipe mais sans grand apport sur le terrain, m'a poussé à me retirer.
C'est aussi à cause de certains responsables qui ont eu leurs postes juste parce qu'ils avaient de l'argent et non pas par mérite. Ils n'avaient que l'argent et pourtant ils prenaient les décisions les plus importantes dans la gestion du club.

Il y a avait aussi des clans qui voulaient me pousser dehors et j'ai failli me retirer en cours de la saison. J'étais revenu sur ma décision car Mr Abdelaziz Ben Abdallah et le maire de Sfax ont refusé catégoriquement ma décision et m'ont demandé de rester au moins sur le banc pour encadrer les jeunes joueurs. J'étais obligé de rester et de remettre la question pour plus tard.

Finalement, j'ai préféré sortir par la grande porte, après avoir remporté haut et fort le doublé, alors que je n'avais que 30 ans et que je pouvais encore jouer et donner un plus au CSS.

Boudir : lors de la saison 1995-1996, des rumeurs ont circulé sur ton éventuel retour au CSS ?

CT : Après la nomination de Jamel Arem comme président, ce dernier m'a contacté et m'a demandé de revenir dans l'équipe car pour lui et surtout pour Paulo Rubim j'étais très important dans le dispositif sfaxien. J'ai accepté pour le bien de mon club et décidé de revenir, mais après la publication de la liste des joueurs convoqués, mon nom n'y était pas. Il s'est avéré, après avoir contacté Jamel Arem, que Souayah était responsable de cette décision. Le même cas s'est produit avec Sami Chaabane qui a été exclu de l'équipe par Souayah.
J'ai rien contre Souayah, et je trouve ce genre de comportement compréhensible car il était mal encadré.
Par contre je suis sur qu'aucun joueur ne pourra faire ce genre de chose avec Mr Zahaf car il est très strict, il a un fort caractère et il connaît très bien le milieu du football et sait que ce genre de comportement va plutôt nuire à l'équipe.

Boudir : Vos activités actuelles?

CT : Je suis anesthésiste et j'entraîne l'équipe de sport et travail.

Boudir : Pourquoi n'avez-vous pas pensé à entamer une carrière d'entraîneur?

CT : Je suis par nature très sensible et très timide. Je pense que je n'ai pas les qualités pour être entraîneur. Actuellement je suis entraîneur dans le championnat de sport et travail et j'hésite souvent à sortir un joueur ou à laisser un autre sur le banc ; je préfère le faire rentrer même s'il ne sert pas spécialement l'équipe. Même chez les jeunes il y a la pression des parents qui est très lourde. Je pense que je pourrais un jour encadrer mais pas tout de suite.

Boudir : La relation entre Chokri Trabelsi et le BD du CSS ?

CT : Aucune. On dirait que je n'ai jamais joué au CSS. D'ailleurs, lors du match de coupe d'Afrique joué au Caire contre Zamalek, ils ont invité plusieurs anciens joueurs et amis par complaisance, mais pas moi malgré ma participation dans le gain du championnat qui nous avait permis de participer à cette compétition. Après ma retraite le CSS me devait une certaine somme d'argent et j'ai galéré pour l'avoir. Je ne l'ai eu qu'avec le troisième comité et je n'ai pas eu la totalité de la somme. Je garde une mauvaise image des dirigeants du CSS qui ne faisaient que s'autodétruire. Je ne doute pas de leur amour au club mais souvent ils pensent plus à leur prestige que celui du club.

Boudir : Votre relation avec Mr Paulo Rubim ?

CT : Il me respectait beaucoup et croyait beaucoup en moi sur le terrain et en dehors. Il a eu du mal à m'imposer dans l'équipe car il y avait des gens du bureau du CSS qui étaient contre ma présence dans l'équipe.

Boudir : Etes-vous en contact avec les joueurs de votre génération ?

CT : Non aucun contact.Mais, quand on se croise, par hasard, on se dit bonjour et " nifrhou bibaathna ". Mais le reste des joueurs de l'époque sont restés en contact car ils font partie de l'équipe des anciens joueurs, qui est en réalité l'équipe de Abdelaziz Ben Abdallah et non pas celle des anciens joueurs. Car Abdelaziz Ben Abdallah a les moyens de rassembler les joueurs, leurs acheter des maillots leur faire faire des déplacements.

Boudir : A votre avis, quels sont les points forts et les points faibles de A. Ben Abdallah ?

CT : Points forts : il y'en a certainement puisqu' il a réussi. Je peux dire qu 'avec son apport financier il en courage et motive les joueurs, chose importante pour la réussite de l'équipe.
Points faibles : M Ben Abdallah n'est pas équitable envers tous les joueurs, il avait ses préférés qui étaient privilégiés lors de l'attribution des " primes sociales ". Il ne faut pas oublier qu'à cette époque les joueurs n'avaient pas de contrats et cette " prime sociale " permettait de les rémunérer. Cette disparité de traitement divisait l'équipe et créait des " clans " au sein du groupe.

Boudir : vous avez marqué beaucoup de buts décisifs avec le CSS notamment lors de la saison 1994-1995. Pour vous quel était le but le plus important ?

CT : Celui marqué contre l'équipe de Korba : Si on avait perdu ce jour là, on n'aurait remporté ni la coupe ni le championnat. En effet perdre contre une équipe de troisième division aurait entraîné le groupe dans une crise qui lui aurait fait perdre toute chance pour remporter le championnat qui était à au moins 8 journées de la fin.

Boudir : Et le plus beau but ?

CT : Le but marqué contre Kerkennah, lors de la saison 1994-1995, suite à une tête plongeante.

Boudir : Durant votre carrière footballistique, quel était votre meilleur souvenir ?

CT : Le doublé de 94-95

Boudir : Et le pire ?

CT : Ma relation avec le comité après ma retraite : aucun signe de reconnaissance. C'est comme si je n'avais pas contribué à l'obtention du doublé du CSS et à l'enrichissement du palmarès et de l'histoire du club.

Malgré mon apport, je n'ai eu aucun signe de reconnaissance ni à l'époque du doublé (j'ai fait beaucoup d'efforts pour récupérer la somme d'argent que me devait le CSS) ni même après. Ceci est peut être dû à ma franchise et mon franc parler pour défendre les intérêts des joueurs ; j'avais souvent la prime sociale la plus faible.

Boudir : Qui vous as surnommé " Wachwecha " ?

CT : Je ne sais pas … . Je peux simplement essayer d'explique le choix de ce surnom : cet insecte en dépit de sa petit taille réussi à gêner, causer des dégâts et se sauver et on peut faire facilement le rapprochement avec ma prestation sur le terrain. En effet je suis un joueur de petite taille et j'ai réussi à marquer des buts importants (comme le fait Zoubeïr Essafi actuellement). En plus, les défenseurs sont souvent de grande taille je me faufile entre eux et je récupère toutes les balles mortes pour les convertir en buts, mêmes si j'en ai raté beaucoup.

Boudir : La relation entre Chokri Trabelsi et les supporters du CSS ?

CT : Elle est excellente. Le public du CSS est toujours reconnaissant. Et les années passées au CSS m'ont permis d'avoir des relations amicales, l'estime et le respect de tous les supporters du CSS que ce soit à Sfax, à Tunis ou même à l'étranger.
Pour moi, c'est la meilleure et la seule chose que j'ai gagnée de mes années passées au CSS.

Interviewé par Mahmoud ABBES

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