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La saison de tous les défis
Si l'issue du championnat est restée incertaine après la fin de la dernière journée, c'est sans doute l'équipe qui le mérite le plus qui l'a remporté. A bout du compte, un beau champion qui a cru en ses chances jusqu'à la fin même si au départ on ne lui accordait que peu de chances pour disputer le titre. Retour sur une intersaison mouvementée et un parcours à la Hitchcock.
Intersaison 2004-2005
Juillet 2004, le CSS remporte brillamment la première édition de la Ligue des Champions Arabes en s'imposant face à l'équipe d'Ismaily grâce aux tirs aux buts. Un titre mérité et convoité par des jeunes en quête d'expérience, et des dirigeants en quête de primes pour échapper à une crise financière qui dure depuis des années.
Le CSS surprend et les joueurs et l'entraîneur sont convoités de toute part. Slaheddine Zahaf contraint de laisser partir Tarak Ettaeyb, Khaled Fadhel et Tenyma Ndaye, a réussi à garder les plus sollicités de ses jeunes joueurs, en particulier Anis Boujelbène et Haykel Gumemdia.
M'rad Mahjoub, qui a eu le mérite de donner la chance aux jeunes du club, a préféré partir à l'ESS. Il a fallu donc reconstruire en s'appuyant sur les plus expérimentés (Boujelbène, Gumemdia, Abdi, Malik) et en misant sur des jeunes prometteurs du centre de formation (Nafti, Kadri, Ben Amor) et les revenants (Jaouachi et Junior). Pour construire ce puzzle, les yeux se tournent vers le
suisse Michel De Castel, un fin connaisseur du football Tunisien. De Castel accepte le défi et réclame quelques renforts.
Avec les restrictions budgétaires, les dirigeants misent sur Dâassi, Ba, Ghazouani, Hammami et Barka. Des choix très discutables compte tenu de
leurs qualités très moyennes. De Castel ne retient jusqu'à la fin de la saison que le Ghanéen Junior, de retour au bercail après une expérience dans les pays de Golf. Pour les observateurs sportifs du pays, le CSS ne sera pas un prétendant sérieux au titre. Pire encore, les journaux tunisiens ne donnaient aucune chance à notre équipe de finir sur le podium. Pour le bureau directeur et l'entraîneur, les objectifs étaient clairs : gagner la coupe de Tunisie 2003-2004, défendre le titre de la CL Arabe et finir au moins deuxième pour participer à la Ligue des champions d'Afrique.
Début de saison en fanfare
La 1ère journée, constitue d'emblée un déplacement difficile à Tunis pour affronter l'EST, tenant du titre, certes le CSS n'avait pas battu l'EST chez elle depuis 10 ans, année du doublé et
de la célèbre bourde de Chokri El Ouarer, mais le CSS avait un net ascendant psychologique sur son adversaire durant les dernières confrontations. Mené 1-0 à la mi-temps, le CSS revient et assoit sa victoire dans les arrêts de jeu, le CSS gagne et contredit les pronostics : il
faudra compter avec cette équipe dans la course au titre.
Handicapé par une pelouse impraticable et mise en chantier après le fameux match face au
CSHL (Issam Merdassi s'en souvient certainement), le CSS piétine a domicile et enchaîne les victoires à l'extérieur, ce qui lui permet de coller au peloton de tête. De plus en plus, des voix murmurent : le CSS est une belle équipe de contre, mais cela est insuffisant pour glaner le titre.
Sixième journée et un nouveau déplacement décisif face à un autre prétendant, le
CA. Le CSS démarre timidement la rencontre et passe à la vitesse supérieure en deuxième période, un chef d'œuvre collectif ponctué par un but de
Kadri et une domination totale sur son adversaire, au bout du compte, on a eu droit à un match nul inespéré pour le CA et dur à digérer pour le CSS, une mauvaise appréciation de Jaouachi a coûté 2 points à son équipe. Le CSS a montré qu'il n'a pas besoin d'être mené au score pour passer à l'attaque.
Entre temps, le CSS a disputé la finale de la coupe de Tunisie 2003-2004
avec des supporters partis en masse à Radès. Face à l'incapacité à forcer la décision dans le temps réglementaire, Gumemedia délivre les siens et inscrit le premier but dans les prolongations. Suivi d'un coup de grâce, de génie, d'un véritable chef d'œuvre de Zoubeïr Essafi, parti de tellement loin pour une chevauchée fantastique. Un but qui restera dans les annales du foot tunisien. Le CSS a pleinement mérité son trophée, et ce n'est point un hasard si cette jeune équipe, formée dans sa grande majorité de joueurs du cru, parvient encore une fois à crever l'écran et à s'approprier le jackpot.
De retour au championnat, le CSS enregistre
sa première défaite à Monastir à la 8ème journée mais renoue avec les victoires à domicile. Face à des adversaires de plus en plus cantonnés en défense, le CSS a retrouvé la recette à domicile, le " coaching " de De Castel donne ses fruits alors que la pelouse du M'hiri tarde à retrouver sa splendeur.
Dixième journée, le CSS se déplace à Sousse avec l'espoir de faire aussi bien que l'année d'avant. En face l'étoile est premier, l'étoile est déjà favori, l'étoile est euphorique. Au bout d'un match équilibré et des occasions partagés, les deux clubs se partagent les points. Le CSS n'est plus seulement cette équipe de 11
joueurs de champ, Kcharem pour son premier vrai test à Sousse marque le seul but du CSS. Le CSS a comblé son handicap de la saison dernière et s'appuie sur un effectif riche pour jouer sur tous les fronts.
Si le CSS poursuit sur sa lancée à domicile, c'est en déplacement qu'il éprouve des difficultés. Face au CAB le CSS a joué de mal chance, dès la deuxième minute, expulsion de Jaouachi et penalty transformé pour les Bizertins. Les Sfaxiens n'en reviennent pas et le titre symbolique de champion d'automne s'éloigna.
Phase retour décisive
Après une trêve d'un mois, le CSS renforce ses rangs par l'arrivée de Hammali venu de Zarzis suppléer Hadj Mâassoud blessé et Koissy Blaise, un attaquant Ivoirien. Reprise de la compétition avec un déplacement difficile à Alger pour le compte de la Ligue des champions Arabe. Dans des conditions de jeu difficiles et une pelouse couverte de neige, le CSS s'incline 2-1, ce qui ne l'empêchera pas de se qualifier
par la suite.
Quatorzième journée, et le premier match de la phase retour face à un EST, cette fois-ci, en pleine reconstruction après ses revers en CL Africaine. Très peu d'occasions dans un match
décevant qui se solde sur un score nul et vierge, l'état de la pelouse encore une fois pointé du doigt, le système de jeu du CSS est sévèrement sanctionné et on commence à se demander si le CSS est condamné à perdre le titre à cause de la négligence des autorités municipales.
Après cette déception, le CSS enchaîne les victoires avec brio pour espérer encore. Avec un ESS qui ne lache plus de points mais aussi le CA et l'EST, les faux pas sont interdits. Quatre victoires d'affilés et quatre buts de Haykel Gumemdia. L'attaque Sfaxienne carbure a plein régime et Gumemdia se replace dans la course au
titre de meilleur buteur.
Dix-neuvième journée et encore un CSS qui ne confirme pas ses bons résultats face au CA. Bien que décidé à concrétiser sa supériorité sur le terrain, le CSS n'arrive pas à se défaire d'une défense Clubiste bien regroupée et bien avertie. Encore un nul décevant qui fait les affaires d'un Nabil Maaloul curieusement satisfait et un Ghazi Grairi dépité de la passivité d'un CA, encore en course.
L'ESS, grâce à la main du Hammam-Lifois Derbel et à six journées de la fin, devance le CSS de six longueurs, le plus grand écart entre les deux. L'espoir s'amenuise mais ne s'en vole pas.
Le CSS toujours
croyant fermement en ses chances, s'impose à Gafsa 1-2 suite à un renversement de situation en fin de match, vient à bout d'un USMo 2-0 et revient à quatre longueurs après le nul de l'ESS à Bizerte. Le match face à l'ESZ est peut être un tournant.
Vingt-deuxième journée et le match de la dernière chance pour les pronostiqueurs, le CSS se devait de gagner à Zarzis pour accueillir, dans les meilleures conditions, dans la journée qui suit un ESS, toujours en tête, mais de moins en moins convaincant sur le terrain. Le CSS est à nouveau accroché, pourtant il a fait le plus dur en ouvrant le score mais l'ESZ, qui joue sa peau en
Nationale, égalise.
A vrai dire, avec du recul et au vu de la prestation de l'ESZ en finale de coupe de Tunisie et sur son parcours, le CSS s'en sort pas mal. Avec de nouveau 6 points de retard, le championnat n'a pas été aussi loin.
Vingt-troisième journée, désaffection et colère du public qui n'y croît plus, les Sahéliens, plus nombreux à Sfax, espèraient une victoire qui les placeraient tout prêt de leur 8ème titre. C'est sans compter sur la réaction d'orgueil des joueurs du CSS qui n'abdiquent pas. Par deux fois Gumemdia marque et offre la victoire d'un nouvel espoir au siens et cette fois-ci sur une pelouse du M'hiri, toujours difficile à manœuvrer, mais
retrouvant un peu de verdure.
Plus que 3 points ne séparent le CSS de la tête du classement et un retour sur un ESS en crise de confiance est envisageable. Une victoire sur l'ASM est impérative. Après un début de match difficile et un ASM bien entreprenant, le CSS marque deux buts et gagne. Mission accomplie.
Vingt-cinquième journée, toutes les attentions sont portées sur le match CA-ESS où le CA joue le rôle d'arbitre. Le CSS, en Arabie Saoudite pour sa CL Arabe, jouera un match de retard après son retour. L'ESS a besoin d'un tout petit point face à un CA en crise après s'être fait malmenée, une semaine auparavant, en coupe par sa bête
noire l'EST, et pourtant le miracle a eu lieu, les joueurs du CA ont profité de la fragilité mentale des étoilés pour gagner. Pour ne pas dire que c'est du jamais vu dans notre championnat, ce qui arriva était complètement inattendue. Le CSS est maître de son destin dans la course au titre.
Après une brillante victoire en CL Arabe, le CSS retrouve son grand public dans un match décisif contre un CAB qui n'a plus rien à perdre dans ce championnat, si ce n'est gagner une cinquième place. Une victoire à la douleur, et par le plus petit des scores. Pourtant Essafi a rapidement ouvert le score dès la cinquième minute mais le CSS n'a pas pu conforter
son avance malgré une nette domination. Avec des bizertins bizarrement motivés, le CSS a fait l'essentiel. Plus rien ne peut l'arrêter.
Vingt-sixième journée, le CSS est en quête d'apothéose au Kef face à un rétrogradé en
Nationale B, l'Olympique de Béjà, une victoire offrirait aux sfaxiens leur septième titre de leur histoire, une formalité pour les joueurs du CSS et un festival offensif qui se solde par quatre buts. Dix ans après, le CSS est de nouveau champion. Les joueurs, le staff et les dirigeants laissent exploser leur joie. Le public privé d'accès au stade fête ce nouveau sacre à sa manière, loin de ses champions ! Avec cinquante-huit points au compteur, sur les vingt-six rencontres disputées en championnat, soit une moyenne de
plus de 2,23 points pour chaque match, il a réalisé un parcours presque sans faute, notamment au cours de la phase retour, où il n'a pas connu la moindre défaite.

En somme, un parcours qui se passe de commentaires. Le CSS souffle le titre devant l'étoile et remporte à l'issue d'une saison "rocambolesque" la palme au finish et avec
brio et panache. Il sera, on l'espère, couronné avec succès à Jeddah le 1er juillet 2005 à l'occasion de la finale de la CL Arabe et un deuxième sacre en vue.
Amine MAALEJ et Walid TRABELSI
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