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Triomphe, gloire …et petites coupures

Que ce championnat aurait été beau, que cette conclusion inattendue qui a vu le CSS remporter le titre au prix d'un finish époustouflant (mais au terme d'un parcours finalement assez métronomique, il faut le noter) aurait été revigorante pour notre football s'ils n'avaient tous deux été relégués au second plan par ce qui restera sans doute l'un des épilogues les plus tragicomiques de l'histoire de notre football pourtant riche en curiosités de coulisses (le championnat 71 en est d'ailleurs une belle illustration, n'est ce pas amis sfaxiens ? ).

Toutefois, si cet épisode devait présenter une vertu ce serait sans doute celle de maintenir nos yeux grands ouverts face aux réalités de notre sport roi, les rédacteurs de Boudir ne s'y sont pas trompés puisqu'au final, ils accordent quasiment autant de place dans ce numéro à énumérer ce qui ne va pas qu'à faire le bilan de ce qui va. Oui, la victoire est belle nous disent-t-ils, oui le CSS a prouvé qu'il était le meilleur sur le terrain, oui le comité directeur et le staff ont prouvé leur savoir faire et leur volonté d'aller de l'avant, mais dans le même temps cela ne doit pas faire oublier les problèmes récurrents du club : Comment financer un nouveau stade digne de son rang ? Comment achever le financement de son nouveau complexe sportif ? Doit-on renoncer aux pétrodollars de la ligue arabe au profit du prestige de la ligue africaine des champions ? Autant de questions qui ramènent à une idée fixe : le CSS manque de moyens ! S'il est vrai que pour des raisons strictement géographiques, cristalliser les maux du club par une autre argumentation aurait frisé la faute de goût il n'en reste pas moins que pour moi, simple observateur dont la sfaxianité se limite à un anneau solidement arrimé à l'annulaire gauche, cette complainte financière lancinante me laisse perplexe. Un article de ce numéro nous rappelle en effet la versatilité du public Sfaxien à un moment clé de la saison écoulée ; peut-on alors parler de la nécessité d'un plus grand stade à Sfax ? Ce magazine suffira-t-il à insuffler un véritable esprit de corps aux supporters du CSS ? N'est-ce pas plutôt le prestige et la reconnaissance acquis à coup de titres au-delà de la sphère CSSiste qui insufflera aux supporters la fierté de ne jamais " lâcher " leur club … des titres tels que la ligue africaine des champions par exemple ? Et pour sauver le complexe historique du club dont la valeur semble finalement plus sentimentale qu'objective, qui serait plus désigné que les supporters eux-mêmes pour en assurer la survie ?

Pour tout vous dire et même si personne ne peut nier le déficit de sollicitude dont souffre la ville de Sfax au-delà même du sport et particulièrement en matière d'infrastructure, l'argument des moyens utilisé avec une telle redondance a quelque chose de presque dérangeant lorsqu'il concerne un club qui a la chance d'être le porte drapeau de toute une région, le mérite d'avoir remporté il y a peu (et encore bientôt, je l'espère) la compétition la mieux rémunérée du monde arabe et qui s'apprête enfin à récolter les fruits de sa politique de formation en cédant quelques uns de ses meilleurs joueurs. Tellement dérangeant qu'à la lecture de l'excellent article de ce numéro sur le rôle des cafés sportifs dans l'appartenance territoriale, je n'ai pu m'empêcher d'avoir cette réflexion purement mercantile et à des années lumières de la pertinence de l'analyse sociologique qui en faisait tout l'intérêt : Le CSS devrait commercialiser des franchises de cafés sportifs afin de profiter au-delà de l'aspect social de ce merveilleux vivier. Triste non ? Non ? C'est une excellente idée ? D'accord !

SELIM HALIOUI

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