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Champion puissance sept

" Sassi, Dalhoum, Graja galb el houjoum ". C'est le slogan préféré des supporters du CSS en cette année 1969, année du premier des sept sacres du CSS. Grâce à une attaque de feu et à un style offensif qui fera école, le CSS a pris les commandes durant les dix sept dernières journées et s'est assuré le championnat à une journée de la fin.

Ce fut contre le COT sur le terrain stabilisé du stade municipal de Sfax. Le CSS était dans l'obligation de gagner pour faire l'économie d'un match décisif contre un adversaire direct, l'ASM, à la dernière journée. L'affaire a été vite pliée. A la 26ème minute d'abord, sur un but de la tête de Mongi Dalhoum, à la 40ème minute ensuite par Habib Trabelsi et à la 63ème minute enfin sur un deuxième but de la tête du même Dalhoum, bien servi par Alaya Sassi. Score Final 3 buts à 1 après que Lamari ait lobé Lajmi à la 73ème minute.
Au total, le CSS a marqué cette saison là 46 buts dont plus de la moitié par la paire Dalhoum-Habib Trabelsi qui totaliseront 13 buts chacun.
L'entraîneur de l'équipe était yougoslave et s'appelait Popadic. Yougoslave, comme son illustre prédécesseur, l'homme qui a marqué de son empreinte l'école de football du CSS, Milan Kristic. Arrivé au commande de l'équipe en 1960, c'est lui en effet qui a formé cette génération de joueur jusqu'à sa disparition en 1966, peu après la victoire du CSS en finale de la coupe Hédi Chaker, et deux semaines avant que l'équipe espoir ne lui rende le plus beau des hommages en finale de la coupe de Tunisie contre l'ESS 6-2, dont un doublet d'un certain Mohamed Ali Akid.

Popadic et le CSS récidiveront 2 années plus tard. En 1971, un but, et quel but, va décider seul du sort des deux compétitions nationales, coupe et championnat. En finale de la coupe de Tunisie contre l'EST à El Menzah, quelques secondes à peine après le début de la rencontre, Abdelwaheb Trabelsi, surnommé affectueusement " El Bla ", déclenche une frappe des 45 mètres qui surprend Mokhtar Gabsi. La légende y ajoute que le gardien espérantiste était encore en train de lacer ses chaussures. Blessé à la tête, Raouf Najar a fini le match avec un bandeau autour du crane, symbolisant la défense héroïque du CSS jusqu'au coup de sifflet final.

Le 11 Décembre 1977, Mohamed Ali Akid saute plus haut que le gardien égyptien Ikrami et conclut une action de Mokhtar Dhouib, relayé par Hamadi Agrébi, pour inscrire le premier des quatre buts qui enverront la sélection nationale en Argentine. C'est cette triplette magique qui va offrir au CSS en cette saison 1977-1978 le troisième titre de champion de Tunisie. Dès le début de la saison, le CSS marque les esprits contre l'EST à El Menzah en répliquant à quatre reprises au premier but de Zoubeir Boughnia. La suite du championnat est un véritable cavalier seul du CSS, entraîné encore une fois par un yougoslave dénommé Popov.

En 1981, c'est un entraîneur allemand, Pfeifer, qui demandera à ses joueurs de continuer à attaquer à 10 contre 11 au cours du dernier match du championnat contre le CA, décisif pour l'attribution du titre. Le CSS devait gagner ce match pour passer devant son adversaire du jour au classement. Abbes Abbes est expulsé dès le début du match, mais le CSS continue de presser et obtient un penalty que transforme Abdelwahed ben Abdadallah dans les filets de son homologue Slim Ben Othman. Quelques minutes plus tard, Samir Laadhar aggrave la marque d'un lob magistral, avant que le CA ne réduise la marque par Guesmi. Tout s'est joué en 16 minutes. Le CSS est champion pour la quatrième fois de son histoire. C'est le moment que choisit Mokhtar Dhouib pour partir, par la grande porte.

Deux années plus tard, c'est à nouveau Popov qui est à la tête de l'équipe pour conduire une nouvelle génération complémentaire à son cinquième sacre. Composé notamment de Lajmi, Abdelmoula , Derbal et conduite par Hamadi Agrébi de retour au bercail après une saison aux Emirats, le CSS fait la différence grâce à un parcours impérial à domicile. Les points perdus à l'extérieur maintiennent cependant le suspens jusqu'à la dernière journée. La lutte est tellement serrée que la radio tunisienne décide de ne pas diffuser en direct l'avant dernière journée pour préserver l'équité entre les équipes. A Sousse contre l'ESS, si les joueurs du CSS ne connaissent pas les résultats des autres confrontations, ils savent qu'une victoire les placerait sur orbite pour le titre. Ce fut chose faite grâce à un doublet de Mohamed Soudani sur deux passes décisives de Hamadi Agrébi. Victoire du CSS 2-1. Une semaine plus tard, c'est encore Mohamed Soudani qui marque contre la JSK pour assurer définitivement le titre, en direct à la télévision comme en 1981.

Le joueur le plus talentueux du CSS version 1995 s'appelle Skander Souayah. Son idole est Hamadi Agrébi tout comme l'idole de ce dernier est Alaya Sassi. Contre l'EST à El Menzah en début de saison, l'entraîneur brésilien Paolo Rubim tente un coup de poker insensé et laisse son prodige sur le banc. La suite va pourtant lui donner raison. Dès la première minute, Sofiane Sassi d'un tir croisé surprend la défense espérantiste et inscrit le premier but sur une passe en profondeur de Mohamed Salah Meftah. Quelques minutes plus tard, un cadeau de Chokri El Ouaer qui laisse passer sous son pied une passe en retrait de Haithem Abid, redonne l'avantage au CSS. L'équipe tiendra le choc jusqu'au bout grâce notamment à des arrêts époustouflants de Nasser El Bédoui ainsi qu'au travail de l'infatigable Sofiane Fékih. Victoire du CSS 2-1. L'équipe prend enfin conscience de son potentiel.

 Après un début en fanfare, les résultats s'essoufflent cependant à la fin de la phase aller, mais une victoire éclatante contre l'ESS à Sfax 4-0 arrive à point nommé pour relancer l'équipe vers la conquête du championnat. Un vieux briscard oublié jusque là sur le banc des remplaçants va alors réussir une incroyable série de buts décisifs, marqués pour la plupart durant le temps additionnel. En coupe ou en championnat, Chokri Trabelsi est l'incontestable homme décisif du CSS. Contre Korba en quart de finale de la coupe, il sauve son équipe à la dernière seconde après que l'adversaire ait ouvert la marque à la 120ème ! La série va se poursuivre jusqu'à l'avant dernière journée et un but dans les toutes dernières minutes d'une tête plongeante qui condamne l'OCK à la relégation et offre le titre de champion au CSS pour la 6ème fois de son histoire.


De cette équipe de 1995, un seul rescapé connaîtra la consécration dix années plus tard. L'histoire retiendra également que Zoubeir Essefi est l'auteur de ce but somptueux en finale de la coupe de Tunisie 2004, l'un des plus beaux buts de l'histoire de la coupe, celui qui rejoint au panthéon du CSS, le but de 1971 de Abdelawaheb Trabelsi.

 

 

 

 

Mohamed MAALEJ

 

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