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Chronique d'une quinzaine rocambolesque
Quand Maher Ameur a foulé la pelouse d'El Menzah à la 83ème minute du fameux match opposant son équipe au leader de l'époque - l'Etoile Sportive du Sahel - et comptant pour la vingt-quatrième journée du championnat national, il ignorait qu'il ferait l'objet d'une folle et interminable escalade réglementaire qui ne verra son épilogue que trois semaines plus tard.
Pendant cette période, le jeune espoir du Club de la capitale a été l'objet d'une controverse opposant l'Etoile, le Club africain et la FTF et par ricochet le CSS et la FIFA. Jamais notre mémoire de supporters n'a enregistré une telle vague dans le long fleuve apparemment tranquille de notre championnat.
Au vu de la démission collective affichée par notre presse sportive et par les services de communication de nos instances footballistiques, nous tentons dans ce qui suit de présenter les principaux faits majeurs de cette affaire.
Pour la faire courte, le fond du problème est que Maher Ameur avait moins de dix-huit ans, age minimum requis pour pouvoir signer un contrat professionnel d'une durée dépassant trois ans, contrat qu'il a pourtant signé et pour lequel la fédération tunisienne de football a accordé une licence.
L'étoile, étonnamment consciente de ce manquement du BD clubiste, a déposé une réserve contre le joueur concerné avant le début du match et a demandé dès sa fin de rejouer la rencontre. Nous disons étonnamment car cette information n'a pu être logiquement délivrée que par un proche du BD clubiste - et dans ce cas, ceci ne nous regarde pas - ou par une personne dans le giron de la FTF auquel cas ce serait plus gênant.
Etayons, indépendamment de cette parenthèse, les arguments présentés par l'étoile. Le BD du vice champion 2005 s'est basé sur l'article 22 de la FTF pour formuler sa requête. Il considère, en somme, que puisque la FTF a donné sa licence à Maher Ameur, celle-ci était en tort et commettait de ce fait une faute administrative. L'article 22 précité stipule dans ce cas la reconduction des deux équipes pour une nouvelle rencontre.
Cette demande a été rejetée par la ligue nationale de football. Nous ne pouvons malheureusement vous fournir les arguments sur lesquels elle a assis sa décision car ceux-ci n'ont jamais été communiqués.
La réserve de l'étoile sera, toujours sans explication aucune, rejetée également par le bureau fédéral qui représente la deuxième instance de recours mais non la dernière. Un dernier recours est effectivement possible devant le comité des sages (Haut comité d'arbitrage sportif). Le BD étoiliste a décidé de dépoussiérer ce monument en lui remettant entre les mains le sort du championnat.
Pour ceux qui découvrent cette instance, rappelons qu'il s'agit d'une création de 1994 dont le rôle consiste à trancher, en matière sportive, en cas de vide juridique. Il est composé de cinq membres nommés issus de la société civile, sencés être d'anciens sportifs mais sans formation juriste aucune.
La persévérance de l'étoile a payé puisque le comité des sages lui a donné raison en se démarquant des deux décisions précédentes. Nous notons, cependant, la parfaite cohésion entre les trois instances qu'on a citées puisque là encore, nous n'avons pas trouvé une once d'explication de la décision.
L'affaire connaît néanmoins un autre rebondissement quand le Club Africain et le CSS s'adressent conjointement à la FIFA remettant en cause la sagesse du comité des sages. Elles se basent en effet, sur un autre article (l'article 35 du règlement FIFA) qui indique que toute clause supérieure à une durée de trois ans serait réputée nulle sans que le contrat en lui-même ne soit remis en cause.
Vous le comprenez, l'affaire devenait de plus en plus technique et nous étions avide, à vrai dire, de développements et d'explications que nous sommes allés chercher dans nos médias sportifs. Peine perdue car, à quelques exceptions près, ce fut le vide absolu : aucune explication, aucun élément de réflexion et aucune analyse.
Avant qu'une décision ne soit prise, les rumeurs les plus folles ont circulé. Chaque jour de cette longue période d'attente a apporté son lot de fausses décisions imminentes, de faux fax, et de fausses joies. Les déclarations des membres et présidents des deux BD n'ont fait que remettre de l'huile sur le feu (nous visons, entre autres, l'intervention de Slaheddine Zahaf sur les ondes de Hannibal TV). Le public était donc pris en otage entre l'absence d'information qui génère la désinformation et l'irresponsabilité des acteurs. La seule chose que nous savions et que nous saluons c'est le lobbying et l'implication
de notre comité de soutien et de Slaheddine Zahaf pour que justice soit faite
Et puis la lumière fut, enfin nous avions une décision. Nous ne savons pas qui l'a prise (officiellement le comité des sages était devenu plus sage que trois semaines plus tôt) mais nous le remercions pour sa décision qui nous redonne un titre bien mérité. Nous pouvions grâce à lui fêter ce championnat, une fête qui aura un goût étrange.
Fin de l'histoire, début des interrogations : les dirigeants de l'étoile n'ont-il pas vu tout ce que leur acharnement pouvait engendrer ? Sont-ils vraiment convaincus que le sort du championnat a été chamboulé par l'entrée de Maher Ameur, ou s'agit-il d'une manœuvre de Janyah pour expliquer une autre déconvenue en championnat ? Et puis d'ailleurs, pourquoi ce joueur a-t-il été incorporé dans les dernières minutes de la rencontre par l'entraîneur Clubiste alors que ce dernier savait qu'une réserve a été déposée ? Quelle a été la réponse de la FIFA ? Si cette réponse est contraire à la première
décision du comité des sages, ce comité est-il crédible ? Sa composition est-elle à revoir ? Faut-il le dissoudre et s'adresser directement à la FIFA en cas de litige ?
Ce qui est sûr c'est que cet épisode nous a montré nos limites. Il appartient donc à la FTF de revoir sa gestion des problèmes de ce genre et son contrôle des contrats des joueurs. Nous ne pouvons passer sous silence l'étrange nombre de réserves et de critiques formulées cette saison. Entre l'affaire Derbel, les réserves de l'EOGK, de l'EGSG, de l'ESZ et du CSS pour ne citer que celles-ci, le football est entrain de se transformer en une bataille d'articles plutôt qu'une compétition sportive.
Mais la FTF n'est pas la seule à blâmer. Comment peut-il être possible, dans un championnat qui se dit professionnel, d'avoir tant d'erreurs dans nos clubs. Elles dénotent d'une mauvaise gestion accablante quand il ne s'agit pas d'une mauvaise foi notoire.
Des choses sont donc à revoir. Tout ce que nous demandons c'est de pouvoir enfin regarder un football propre. Les circonstances favorables sont désormais fournies.
Karim KHARRAT et Sami CHTOUROU
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06 mai : Match CA-ESS et réserve contre Maher Ameur 09 mai : Rejet de la demande de l'Etoile par la Ligue nationale de football non amateur 10 mai : Entérination de la décision de la ligue par le Bureau Fédéral 11 mai : Appel de
l'ESS auprès du comité des sages (le Haut comité d'arbitrage sportif). 13 mai : Décision du comité des sages par trois voix contre deux de faire rejouer le match
CA-ESS. 14 mai : Validation de la décision par le Bureau Fédéral : date du match fixée pour le 25 mai. 21 mai : Le club sportif sfaxien est déclaré champion de Tunisie 2005.
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Suppression du Comité
des sages
Lors du conseil des
ministres du 8 juin, il y a eu l’examen d’un projet de loi
(1994) portant modification de la loi relative à l’organisation
et au développement de l’éducation physique et des
activités sportives.
Ce projet vise à
supprimer le Comité des Sages et à transférer les missions
qui lui étaient dévolues à des comités sportifs élus au
sein des fédérations sportives spécialisées, et ce pour
être en phase avec les évolutions qu’a connue le domaine du
sport aux plans national et international.
Il s’agit de mettre
la Tunisie en phase avec la réglementation de la FIFA, qui ne
reconnaît pas ce genre de comité désigné et non élu. La
Tunisie prend les devants afin de ne plus vivre une situation de
fin de championnat de football 2004-2005.
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