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Il était une fois à Sfax

Am Sassi Dalhoum est un fervent supporter du CSS que la majorité d'entre vous ne connaît malheureusement pas. Je vais réparer aujourd'hui cette injustice en vous présentant les meilleures histoires de cette encyclopédie vivante du club. Il mériterait même la légion d'honneur du supporter le plus fidèle.

Né en 1939 à Sfax, à bléd el Arbi plus précisément, Am Sassi Dalhoum a vécu l'époque où tous les habitants de Sfax se connaissaient personnellement et se côtoyaient quotidiennement. Bien qu'il n'avait pas les qualités suffisantes pour avoir une carrière de joueur, Am Sassi a longtemps joué au football aux cotés de tous les grands joueurs qui ont défendu les couleurs du CSS soit sur les terrains d'entraînement soit dans les rues de Bab el Kasba.

Inutile de commenter les balbutiements administratifs du club, car la majorité d'entre vous ont lu ou entendu parler des premiers pas du CSS, initialement appelé le Club Tunisien. Am Sassi Dalhoum, va vous plonger dans l'histoire du CSS et vous raconter quelques anecdotes inoubliables du Club, certaines sont joyeuses et d'autres plus tristes, mais elles ont toutes participé à la légende du CSS.

Am Sassi Dalhoum se rappelle des premières fois où il accompagnait son oncle au stade, la plus intéressante attraction de l'époque. Le plus étonnant dans l'histoire c'est qu'il allait voir jouer le SRS. Certaines personnes vont se demander pourquoi, il est allé voir le SRS et pas le CSS. Tout simplement, parce que le CSS n'était pas très connu à l'époque contrairement au club voisin, le SRS.

En effet, le SRS appartenait à une société publique et recevait donc de nombreuses subventions qui lui permettaient de s'octroyer les services des meilleurs joueurs, ainsi que le soutien de personnes influentes. Malheureusement le SRS est actuellement pensionnaire de la troisième division.

Quand il a entendu dire que plusieurs Kbarat de la ville essayaient pendant ce temps là de redorer l'image d'un club appelé le Club Tunisien qui appartenait vraiment aux supporters et qui portera fièrement les couleurs de la région, Am Sassi sauta le pas et rejoigna le CT.
Les premières années furent très dures avec la mise en place de la structure du club.

Am Sassi veut surtout nous raconter le sacrifice de grandes personnalités de la région, des personnes qui n'ont pas hésité à s'opposer aux instances locales (très proches du SRS) pour acquérir des terrains d'entraînements, des moyens financiers pour subsister et surtout le droit d'exister en tant que seul grand club de la région.

Am Sassi Dalhoum, qui travaillait dans le commerce, a insisté pour mettre en avant certains noms dont la ville se souviendra toujours pour leur apport dans la construction du CSS. Il clame haut et fort que ces personnes mériteraient une certaine reconnaissance de la part du club et de la ville, par exemple en donnant leurs noms à certaines infrastructures sportives.

Un jour où il partait charger des marchandises au port, Am Sassi assista à une altercation entre Taoufik Zahaf (président de l'époque) et le maire de Sfax concernant l'autorisation de s'entraîner au stade Taîeb Mhiri, deux jours avant un match très important (tiens, ça ne vous rappelle pas une époque plus récente).

Les histoires de Am Sassi Dalhoum ne manquent pas. Il se rappelle de plusieurs agriculteurs et producteurs d'huile d'olives de l'époque qui n'hésitaient pas à donner des dons financiers extrêmement généreux.

Am Sassi se souvient que l'économie et le football dans la ville de Sfax allaient de pair; il disait que si la saison de récolte était bonne le budget du CSS l'était aussi. Ces producteurs et agriculteurs savaient que leurs investissements dans le Club n'allaient pas leur rapporter de l'argent, mais pensaient que le nom de la ville serait de plus en plus connu grâce au Sport, ce qui serait avantageux pour faire connaître le produit sfaxien, Allez savoir.

Comme nous le dit Am Sassi, le commerce était plus agité la veille d'un match et les gens consommaient plus quand le club se portait bien, plus précisément il disait : " le sfaxien yestbakhit barcha bel football et les lundis diffèrent selon les résultats de la veille ". Il disait ironiquement que les relations familiales étaient différentes suivant les résultats du "CLIB" qui influaient même sur les relations conjugales.

Dans les années soixante, tous les dimanches matin, Am Sassi Dalhoum accompagnait son oncle au café, comme le font tous les Sfaxiens de façon générale, c'est à ce moment que les gens s'informent habituellement de la composition de l'équipe qui va jouer l'après midi.

Am Sassi ne peut pas s'empêcher de tendre l'oreille un peu partout. A chaque table, on entendait une histoire un peu différente, l'une disait que Alaya Sassi ne jouera pas parce qu'il s'est blessé à l'entraînement, une autre table confirmait l'info en réenchérissant : " Sassi ne jouera pas car il a manqué un entraînement pour des raisons non justifiées et l'entraîneur l'a sanctionné". Le plus étrange c'est que chacun racontait sa version en y mettant beaucoup de conviction et en citant ses propres sources ; on pensait vraiment que toutes ces histoires étaient vraies (là aussi ça me rappelle certains forums).

Am Sassi n'était pas surpris d'entendre toutes ces rumeurs, il était tout simplement impressionné de voir les gens passionnés par le foot à tel point que chaque petit détail concernant les entraînements était rapporté à la lettre. Même si ces histoires n'étaient pas fondées, ça ne le dérangeait pas beaucoup car après tout le football à Sfax est la première attraction et la seule source de divertissement faisant ainsi partie du quotidien Sfaxien.

Par ailleurs il ne connaissait même pas ce Sassi, et se demandait pourquoi on parlait autant de lui, il se rappelle seulement qu'il jouait au CSS à l'époque où son oncle encourageait le SRS. A cette époque, Am Sassi ne comprenait pas pourquoi son oncle et plusieurs Ralwistes ont changé de camp en rejoignant les supporters du CSS qui soutenaient la fameuse équipe des années 60. Avec ce changement d'équipe, l'oncle de Am Sassi modifia plusieurs autres éléments dans sa vie dont la plus importante était l'adresse du Café d'avant match où ils retrouvèrent certains visages familiers qui les avaient suivi lors de ce déménagement.

Am Sassi n'a jamais abordé ce sujet avec son oncle, il se rappelait seulement qu'en partant du café, ils passaient toujours devant le Café La Régence, même si son oncle n'était pas vraiment obligé de le faire, car il ne pouvait pas s'empêcher de faire une petite partie de Tanbir, comme le font les forumiens des sites Internet de nos jours. Contrairement à notre époque, les gens étaient très fair play malgré qu'ils étaient Ralwistes et arrogants (cf le texte du billet de stade en dessous de cet article).

Cette journée ne fait que commencer, il est déjà 11h30, il faut aller à Bab el Jebli pour faire les courses au souk Bouchwaîcha comme le prénomment les Sfaxiens.

Sachant que tous les dimanches toute la famille est réunie fi dar el Hadj, le grand père de Am Sassi pour déguster le Mhamess bel khodra, son oncle devait faire rapidement les courses.

Pour aller au stade, Am Sassi devait rester très sage et il le faisait volontiers car il pensait que ça valait la peine de ne pas faire l'idiot car ce que montrait le CSS sur le terrain à l'époque était du grand art.

Pour clore ce premier article, Am Sassi Dalhoum tient à vous rappeler que votre Club n'appartient à personne et restera toujours dans vos cœurs. Que l'on soit gagnant ou perdant vous devez toujours le soutenir et jamais le renier.

" Le CSS est comme ton père ou ton enfant, tu peux tout lui dire ou lui faire mais tu ne pourras jamais l'oublier car ton père restera toujours ton père ".

 

Slim CHARFI

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