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Au-delà de l'élimination de la CAN2006….

La participation de l'équipe nationale s'est achevée samedi 4 février par une élimination en quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations.

Battus 6 tirs aux buts à 5 par les Super Eagles du Nigeria, cette disqualification a suscité un vif débat allant de la bonne prestation à la colère et l'amertume. A ce titre, les différentes parties prenantes du football tunisien, en l'occurrence les journalistes, les anciens joueurs, les observateurs et les supporters, se sont penchées sur cet échec pour chercher ses raisons et ses implications.

A l'évidence, la majorité impute la responsabilité aux mauvais jugements précédés par Lemerre en cours du match de la Guinée et aux défaillances de certains piliers de l'équipe qui ont pesés bien lourd sur le rendement collectif représentant déjà l'un de ses points forts.

Toutefois, pour pouvoir porter un jugement pertinent sur la participation de notre équipe nationale, nous estimons opportun d'approfondir davantage les réflexions pour connaître les causes réelles de cette bonne/médiocre impression en évitant comme ce fut l'habitude de désigner un bouc émissaire qu'il soit un avouable entraîneur dans ses choix tactiques ou bien un joueur lors d'un énorme ratage d'un penalty ou d'un but évident.

A notre avis, la responsabilité de cette élimination prématurée n'incombe ni à l'entraîneur, ni aux joueurs ainsi que la fédération. Nous jugeons ainsi que notre titre de champion d'Afrique remporté en 2004 était en quelque sorte l'arbre qui cachait la forêt.

Ce titre, certes bien mérité, a fait oublier aux responsables de la fédération, des clubs et également les médias sportifs que maintenir notre position compétitive et défendre cet acquis est une tâche beaucoup plus complexe que son obtention.

A cet égard, ce trophée devrait normalement engendrer un nouveau dynamisme au sein de la fédération lui permettant de poursuivre ses objectifs en matière d'augmentation des licenciés, de promotion des règles de ce sport et de son ouverture à un public plus large. Ceci devrait se réaliser à partir de programmes et de dispositifs fixant les fondements pour favoriser la détection des jeunes talents, leur formation dans un environnement propice qui satisfait aux moyens nécessaires sur les plans techniques, médicaux, psychologiques et sociaux.

La mise en oeuvre de cette politique mènerait les joueurs durant la catégorie cadets et juniors à un stade de talent/habilité à travers le perfectionnement de leurs qualités physiques et l'affinement de leurs gestes techniques.

Ce point nous apparaît crucial à aborder car nous avons observé tout au long de la CAN 2006, que contrairement aux autres équipes africaines, cette caractéristique de talent/habilité est absente au sein de notre équipe nationale. Cet élément primordial dans le football, s'ajoutant à notre jeu collectif efficace et notre maîtrise tactique exemplaire, pourrait nous propulser dans le premier rang à l'échelle africain.

Malheureusement, même si notre équipe nationale dispose de ce qui manque à la majorité des autres équipes africaines, elle reste néanmoins dépourvue de ce qu'ont acquis les joueurs africains en termes de talents et d'habilités constituant la fierté des meilleurs clubs européens.

Cette constatation nous pousse à proposer la mise en place d'une deuxième commission en continuité avec celle jadis constituée il y a 12 ans exactement par des personnalités compétentes et qualifiées afin d'étudier la situation et l'avenir du football tunisien après la grande déception en Coupe d'Afrique des Nation 2004.
La dite commission aurait pour missions de :

  • revenir aux recommandations de la première commission adoptées par les parties compétentes , et d'évaluer le degré de réalisation des mesures retenues

  •  s'arrêter sur l'expérience du professionnalisme mise en place depuis la saison sportive 1996-1997 , et ce pour trancher définitivement entre :

     

    • l'accélération de l'accomplissement des étapes restantes pour l'instauration du professionnalisme , chose qui exige notamment la redistribution des rôles entre la FTF et la LNFP , la révision du statut juridique des associations sportives adhérentes dans le régime du championnat professionnel , et toutes les autres mesures qui suivent susceptibles de revêtir à la gestion d'un championnat professionnel le professionnalisme nécessaire

    •  ou , le constat de l'échec de cette expérience , et par conséquent la proposition de son abandon

    En effet , le mariage entre deux réalités , une réalité de professionnalisme et une réalité d'amateurisme , n' a fait que reculer le niveau de notre championnat au stade de la médiocrité

  • l'examen du dossier des jeunes footballeurs :
    toutes les parties concernées par la question sportive s'accordent que l'horaire scolaire se présente comme l'une des raisons essentielles qui freinent la mise en place d'un processus régulier aboutissant au talent/habilité .
    Par ailleurs , la famille tunisienne continue à accorder la priorité absolue à la réussite scolaire de ses enfants au dépens de leur devenir sportif , à un moment ou' la distinction sportive exige le maximum possible de disponibilité pour la formation/entraînement (il est indispensable ici que nos techniciens exerçants dans les catégories des jeunes fassent la distinction entre la notion de la formation et la notion de l'entraînement , et les mécanismes spécifiques à chacune de ces deux notions) .

    En effet, cette marge de disponibilité est dans une large mesure offerte aux jeunes des pays africains ou' les taux de scolarisation sont encore très bas , alors que nos jeunes sont privés de cette marge de disponibilité , eu égard aux taux records de scolarisation atteints aussi bien dans les villes que dans les régions rurales .
    Donc, à mon avis, au cas ou' il est décidé de maintenir l'expérience du professionnalisme, il est temps de préparer la famille tunisienne à prendre l'une des deux décisions :

     

    • admettre que son enfant abandonne ses études à l'age de 16 ans (après avoir accompli l'enseignement préparatoire) et se consacre exclusivement à sa carrière sportive, tout en lui offrant toutes les garanties assurant son avenir

    • ou mettre fin à la carrière sportive de son enfant, pour qu'il se consacre exclusivement à ses études.

Ceci, tout en obligeant les clubs adhérents au championnat professionnel à créer des centres de formations des jeunes joueurs.

Dans ce contexte, les clubs qui, pour des raisons financières n'arrivent pas à créer des centres de formation de jeunes joueurs, peuvent bénéficier des prestations des centres de séjour au sein des institutions de jeunesse les plus proches, dans le cadres de conventions établies avec l'autorité de tutelle de ces institutions.
Ces centres de formation de jeunes joueurs peuvent être alignés sur des centres de formation professionnelle , dans lesquels les jeunes ayant interrompu leurs études bénéficient de la priorité absolue d'accès , tout en répartissant les jeunes footballeurs qui y sont inscrits selon leurs tranches d'age en des joueurs apprentis , des joueurs stagiaires avant d'acquérir le statut de joueur professionnel , et la re-classification des contrats actuellement en vigueur en des contrat apprenti , contrat stagiaire et contrat professionnel , chose qui correspond mieux à l'esprit du code de travail en Tunisie .

En parallèle à la formation sportive pure, il est souhaitable d'initier les jeunes joueurs qui ont préféré abandonner leurs études à un métier dont ils auront besoin le jour ou' ils mettront fin à leur carrière sportive.
Dans tous les cas, les centres de formation déjà crées par les grands clubs, et ceux qui seront crées sous n'importe quelle forme, doivent obéir à des cahiers de charges Qui définissent les règles générales saines à suivre pour l'encadrement de la jeune élite dans ses aspects technique, hygiénique, médical, social et psychologique.
Il est évident que la rationalisation de l'organisation, du fonctionnement et de la gestion des centres de formation des jeunes contribue à part entière à l'émergence d'une nouvelle génération de footballeurs imbibés de la culture du professionnalisme, conscients de l'indissociabilité entre leurs droits et leurs devoirs, motivés par une forte volonté pour atteindre les plus hauts niveaux.

C'est dans ce contexte que s'insère le rôle de la presse sportive sous toutes ses formes, en effet, non seulement le rôle qui incombe à la presse sportive n'est pas moindre que le rôle que jouent le club et la famille pour tracer le profil de l'élite de demain, mais très souvent ce rôle est plus important allant jusqu'à influencer positivement ou négativement l'évolution de ce profil.
De ce fait , il est attendu que notre presse sportive soit plus rationnelle en suivant la carrière de nos sportifs pour les préserver de toutes les illusions…, il est attendu aussi à titre d'exemple , que notre presse sportive traite de la bonne manière les opportunités offertes à nos joueurs pour vivre une expérience professionnelle à l'étranger.

Au lieu de commercialiser ces opportunités d'une façon ou d'une autre , notre presse sportive est appelée à contribuer à la prise de la sage décision , l'objectif étant de convaincre tout le monde que l'important n'est le contrat , ou sa valeur financière , mais plutôt le niveau du championnat que le joueur tunisien va rejoindre , le rayonnement de son nouveau club et surtout la mesure préalable des chances réelles de notre joueur pour s'y imposer et pour s'épanouir davantage , et nous avons dans les cas de Issam Jomaa et Haykel Guemamdia les meilleurs exemples.

Mustapha KOUBAA

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