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Le Comité Supérieur de Soutien : Témoignage et propositions.

Les supporters ont raison de se poser des questions.

L' éclairage " paru sur "Boudir", le magazine des supporters du CSS, confirme combien le Comité Supérieur de Soutien reste méconnu, même de ceux qui pensent le connaître et l'ont présenté à l'auteur de l'article dont l'excellence de la présentation est à saluer.
J'ai cru de mon devoir de lever -dans ce qui suit- des équivoques et rappeler comment et surtout pourquoi ce comité a vu le jour et continue -hélas- de piétiner dans l'incohérence.

Aux années 80, et malgré les succès sur le terrain, la situation du CSS se faisait de plus en plus inquiétante, sans qu'aucun des dirigeants qui s'y sont succédés ne puisse en être considéré personnellement responsable.
Le Club, alors endetté et sans ressources propres, attendait qu'un candidat supposé le financer veuille bien le prendre en charge, quitte à se l'approprier ; son existence juridique se résumait aux "adhérents de la saison" pour la plupart activement et hâtivement recrutés pour le vote lors des AG, AG que les plus fidèles du Club (désabusés) ont fini par déserter.
Pour résumer, un Club sans ressources, aux contours instables et donc vulnérable, délaissé, en perpétuel changement et condamné à vivre au jour le jour.

Fort de ce constat tiré d'une longue expérience de dirigeant, dont une année à la présidence du club (88-89), j'étais persuadé que cela ne pouvait pas durer.
A ce club populaire qui représente la première ville du pays après la capitale, il fallait penser à assurer sans tarder :
o un financement basé sur la contribution du maximum de sympathisants du Club, afin d'augmenter ses ressources et le protéger de toute tentation d'accaparement de la part d'une personne ou d'un groupe.
o une représentativité crédible et réelle de sa base populaire, loin de tout populisme démagogique.
o une continuité, indispensable à la conception d'une politique d'avenir et à long terme.
o une préparation à l'avènement (inéluctable) du professionnalisme par une restructuration allant dans ce sens.

Dans cet esprit, partant de mon idée et sur ma propre initiative un Comité Supérieur de Soutien fut conçu avec l'aide de juristes de la famille du CSS (Maître Mohamed Abdelmalek en particulier). Il fut créé en 1989-90 lors d'une AG extraordinaire convoquée pour la réforme des Statuts du Club, alors présidé par le prestigieux et regretté Si Taoufik Zahaf.

Afin de lui garantir une légitimité initiale et une continuité, ce comité fut conçu pour être constitué par un noyau constant comprenant tous les anciens présidents, noyau appelé à s'élargir et coopter (sans limites imposées) d'autres compétences morales et financières dévouées au club. Le comité ainsi constitué devait désigner un Président et un Bureau Exécutif pour le représenter et organiser les diverses activités.

Ce comité devait -entre autres- intervenir pour étudier et statuer sur la ou les candidatures à la présidence du CSS, les élections ayant lieu en AG élective du Club tous les deux ans. Il devait se comporter envers "le Président du Club et son comité" en conseiller dûment averti de la situation et leur apporter son soutien financier et moral sans nullement interférer dans leur gestion courante des affaires.
Ce comité avait par contre la charge de tracer et d'assurer la politique à moyen et à long terme ; c'est pourquoi il fut proposé qu'il supervise et finance la formation des jeunes.
Par sa mise en application, ce concept nouveau était normalement appelé à corriger ses éventuelles imperfections.
Mais, au mépris du principe fondateur (dépersonnaliser), le départ fut faussé ; un président certes très respectable et respecté fut imposé de fait à ce comité encore à l'état de projet.
Mais si ce premier Président l'a dans l'ensemble convenablement dirigé après sa création, nul n'a compris pourquoi, dans un contexte politique particulier, sans en référer à qui de droit, il s'en est débarrassé -comme d'un objet compromettant- au profit du premier venu.
Ce dernier le géra dans l'ignorance totale des statuts, en élimina les membres légitimes et en fit un cercle d'intimes. Il finit par l'utiliser pour s'opposer arbitrairement aux prétentions de renouvellement du Président du Club (en exercice) et s'auto-désigner à sa place.
Je fus le seul à dénoncer en vain ce dérapage irresponsable. La triste suite, on la connaît.

Le Comité de Soutien promettait beaucoup, mais voilà que son problème reste posé.
Comme il est clairement dit dans le texte qui lui est consacré (p.112) au livre du 70ème anniversaire du CSS (1998), il tarde à se réaliser pleinement.
Victime de l'ignorance et embourbé dans l'ornière où il fut entraîné, il n'arrive encore pas à se débarrasser des séquelles d'une période douteuse qui continuent de le harceler.
A ce jour, tant dans son esprit que dans sa composition, le comité de soutien demeure non conforme aux textes censés le régir ; et le plus alarmant est que le Club se retrouve dans une situation qui rappelle -à certains égards- celle de 1995.

Le CSS, faute de ressources propres constantes, a incontestablement encore besoin d'un soutien financier important ; mais pour être consistant et rassurant, ce soutien doit être élargi à plusieurs parties. L'expérience passée nous dit combien certaines contributions qui se voulaient et surtout se disaient uniques et incontournables furent accaparantes, réductrices pour la dimension du Club et néfastes à son évolution.

Derrière les éternels problèmes du CSS il y a certes, en plus de la conjoncture générale du pays, les petits calculs personnels, les dissensions internes et les pressions extérieures occultes ou déclarées. Mais il y a surtout une incapacité à dépasser ces problèmes du fait de l'absence -à la fois- de plateformes de débat et d'autorité morale locale incontestable capable d'intervenir pour soutenir et éventuellement arbitrer.

Où serait la solution ?

Pour les raisons déjà citées, je persiste à croire qu'il faut -pour commencer- s'attacher sans tarder à mettre en place le véritable Comité de Soutien.
Ce Comité ne doit être ni une coque vide et sans contours vouée à être squattée par le premier venu ou procurer aux intrus une légitimité, ni un d'outil pour accaparer le Club ou faire des putschs, ni un cercle limité supposé convenir au Président du Club..
Il se doit d'être une institution ouverte, réellement représentative et forçant le respect, qui fonctionne selon des normes établies, qui stabilise le Club à tous les niveaux et qui lui assure des moyens, une autonomie et un avenir.

Comment y parvenir ?
Il faudrait d'abord poser le problème pour en débattre loyalement, sans complexes ni censure, et viendra la solution. Ce ne sera certes pas facile compte tenu de notre réalité.
Mais le CSS a su -dans le passé- relever les défis et doit pouvoir prouver encore un fois qu'il est dans notre pays, sans conteste et sur tous les plans, le club le plus innovateur dans son domaine.

Dr Mohamed ALOULOU
Militant du CSS

Sfax, Septembre 2006

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